Le diabète de type 2 : diabète non insulinodépendant ou DNID

 I - Les symptômes du diabète non insulinodépendant 

    Le diabète de type 2 est un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage du glucose apporté par l’alimentation. Cela se traduit par un taux élevé de glucose dans le sang, une hyperglycémie. 

Les glucides, les protides et les lipides de l'alimentation fournissent l'essentiel de l'énergie dont a besoin le corps pour fonctionner, passent dans l'intestin, puis rejoignent la circulation sanguine. Quand on mange, le taux de sucre dans le sang augmente, les glucides sont alors transformés essentiellement en glucose. Le pancréas détecte cette augmentation de la glycémie. 

Les cellules β du pancréas, regroupées en amas appelés îlots de Langerhans, secrètent de l’insuline. L'insuline est une hormone qui se fixe sur les récepteurs des cellules et qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules cibles de l’organisme : les muscles, les tissus adipeux (tissu qui contient de la graisse) et le foie où il va pouvoir être stocké et transformé en énergie. Dans une situation d'abondance alimentaire, après les repas, l'insuline bloque la production de glucose par le foie. Par la mise en stock du glucose alimentaire et l'arrêt de la production de glucose par le foie, la glycémie baisse.

 

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Ainsi, la glycémie peut augmenter légèrement, puis revenir à un taux normal et le glucose peut être converti en réserve et en énergie. Chez les personnes atteintes de diabète, ce système ne fonctionne pas.

La maladie diabétique se caractérise par la présence de glucose dans l’urine, d’où le nom de diabète sucré. Les signes les plus évocateurs sont une urine abondante, une soif importante et un amaigrissement. Mais le principal critère de diagnostic est  l’hyperglycémie, mesurée soit à jeun, soit au cours d’une épreuve d’hyperglycémie provoquée par voie orale. Le seuil d’hyperglycémie est de 1,26 g/L à jeun et de 2g/L à n’importe quel moment de la journée. A partir de cette valeur seuil, les diabétiques s’exposent à des complications, dont les plus graves sont les atteintes de la rétine, des reins et les maladies cardiovasculaires.

 

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Prise de sang pour le dosage de la glycémie

Le diabète de type 2 est de loin le plus fréquent. Il concerne 90% des diabétiques. Ce type de diabète affecte surtout les adultes. Il apparaît généralement chez les personnes de plus de 40 ans. Cependant, les premiers cas d’adolescents et de jeunes adultes touchés apparaissent en France. 

Le diabète de type 2 rassemble toutes les formes dans lesquelles le phénotype tissulaire pancréatique est normal : pas de destruction des cellules β, contrairement au diabète de type 1. Il se caractérise au niveau biochimique par une hyperglycémie associée à une insulinémie normale ou forte. On parle de diabète non insulinodépendant (DNID). 

Le développement du diabète de type 2 se fait schématiquement en trois étapes : l’insulinorésistance, l’hyperinsulinisme et l’insulinodéficience.

1 - L’insulinorésistance : sur le plan métabolique, chez les sujets obèses, le tissu adipeux des organes internes contenus dans le ventre, la tête et le thorax libère une grande quantité d'acides gras qui sont transportés dans le foie où ils la synthèse du glucose.

Au niveau musculaire, l’augmentation des acides gras conduit à leur utilisation préférentielle pour assurer le travail musculaire tandis que les stocks du glucose restent intacts. Ainsi, le stockage et l'utilisation du glucose sont diminués au niveau musculaire. Il s’agit en fait d’une insensibilité des cellules cibles à l’action de l’insuline. Le nombre de récepteurs de l’insuline va diminuer progressivement au cours du temps, ce qui a pour effet d’aggraver l’insulinorésistance.

Au niveau du foie, la production de glucose augmente. Cette augmentation est expliquée par l’insulinorésistance, mais également par une augmentation de la production de glucagon, hormone capable d’augmenter la glycémie. Tout ceci concourt à augmenter la glycémie.
  

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2 - L’hyperinsulinisme : la quantité d’insuline produite par le pancréas augmente dans de fortes proportions afin de permettre aux cellules de recevoir le glucose dont elles ont besoin. Cet hyperinsulinisme peut se prolonger pendant dix à vingt ans et permettre ainsi de maintenir la glycémie pratiquement normale. Il s’agit en quelque sorte d’un état pré-diabétique.

3 - L’insulinodéficience (ou carence en insuline) : l’augmentation initiale de la production d’insuline en réponse à l’insulinorésistance conduit  à l’épuisement progressif du pancréas. Celui-ci ne parvient plus à sécréter les quantités d’insuline nécessaires à la régulation de la glycémie. La production excessive d’acides gras par le tissu adipeux chez les sujets qui ont un surpoids et l’élévation de la glycémie contribuent donc à la faillite de la sécrétion d’insuline par le pancréas. Les cellules β, chargées de produire l’insuline, ne répondent plus à la concentration élevée de glucose. Par conséquent, l’augmentation de la glycémie est plus importante et le retour à la glycémie initiale plus lente. Autrement dit, l’utilisation du glucose devient insuffisante et la production de glucose par le foie devient excessive.

 

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Le diabète de type 2 se traduit donc par une déficience du système de régulation du taux de glucose dans le sang, moins performant que la normale, caractérisé par le déficit de la sécrétion d’insuline et l’insulinorésistance. Ces caractères font qu’il est aussi appelé diabète non insulinodépendant (DNID).

Les symptômes du diabète de type 2, proches de ceux du diabète de type 1, sont moins marqués. Il faut donc parfois plusieurs années avant de le détecter. On estime qu’il s’écoule en moyenne 5 à 10 ans entre l’apparition des premières hyperglycémies et le diagnostic.

 

II – Les complications du diabète et leurs différents traitements médicaux

    Il existe des moyens de lutte contre le diabète de type 2. Cette maladie chronique est souvent liée au surpoids et à un mode de vie trop sédentaire. L’obésité est un des principaux facteurs de risque. Elle est associée aux contextes ethnique et familial, au type d’alimentation, à la sédentarité, etc. Par conséquent, la prévention et le traitement reposent essentiellement sur une meilleure hygiène de vie. La réduction de poids et le régime (une alimentation équilibrée) peuvent suffire à régulariser la glycémie et à contrôler les symptômes du diabète de type 2 qui est, pour cette raison, appelé non insulinodépendant : la réduction d’apport calorique diminue l’insulinosécrétion et par suite la réponse des cellules cibles, tandis que les muscles prélèvent d’avantage de glucose dans le sang. Si ces deux étapes centrales sont inefficaces, des médicaments antidiabétiques sont utilisés.

Les traitements du diabète se composent d'un ensemble de soins dont certains s'appliquent dès le début de la maladie, et d'autres en fonction de son évolution et de l'âge du patient. Il n'y a pas un traitement unique contre le diabète, mais un ensemble de mesures qui compose les traitements antidiabétiques.

Ces soins se composent à la fois de mesures hygiéno-diététiques et médicales. Ils allient l'action des soignants, des traitements médicamenteux et du patient lui-même dans la prise en charge du diabète.

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La personne diabétique joue un rôle central dans le dispositif de soin à travers des pratiques et des habitudes qui l'aident à bien vivre le diabète et à prévenir les complications.

Le but du traitement est de normaliser la glycémie. Les hyperglycémies répétées et prolongées entraînent à long terme une altération des nerfs et des vaisseaux sanguins présents dans tout le corps. Ce sont les complications du diabète.  Les risques de maladie cardiovasculaire augmentent, des liaisons de micro vaisseaux dans la rétine peuvent rendre aveugle, le système nerveux souffre également avec des symptômes variés pouvant conduire à des amputations de membres. Cela peut également  provoquer des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux, des troubles de l’érection ou une insuffisance rénale.

A) L’autosurveillance

    Le contrôle des glycémies par autosurveillance est un élément essentiel dans la vie d'une personne diabétique car la glycémie varie chaque jour sous l’influence de différents facteurs (alimentation, activité physique, repas…). L’autosurveillance permet donc de contrôler et prévenir les déséquilibres de la glycémie et d’adapter son traitement. La fréquence et le recours à l’autosurveillance varient d'une personne à une autre et dépendent de la situation du patient (nouveau traitement, grossesse, type 1, type 2...).

 

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Chez un patient traité à l’insuline par multi-injections, trois à quatre contrôles par jour au minimum sont nécessaires. 

Chez la femme enceinte, des contrôles avant les repas, après les repas et au coucher sont indispensables. Ce qui représente 6 à 7 contrôles de glycémie par jour. 

Chez un diabétique de type 2 traité par comprimés, l’autosurveillance glycémique a une fonction pédagogique. Il permet au patient de prendre conscience des effets de l’alimentation ou de l’activité physique sur sa glycémie.

B) Les examens réguliers du diabète

1) L’HbA1c ou hémoglobine glyquée

     Il existe un certain nombre d'examens réguliers du diabète indispensables pour prévenir et détecter les complications. Ils peuvent varier d'un patient à l'autre (état de santé, âge, antécédents médicaux, traitements) mais ces bilans de soins et ces analyses médicales concernent tous les patients diabétiques.

Afin de déterminer si le diabète est bien équilibré, il existe deux types de mesure : la glycémie, faite à jeun ou après un repas et l’HbA1c, encore appelé hémoglobine glyquée, qui est le reflet de la glycémie des deux derniers mois. Si la glycémie est bien connue, la seconde l’est moins.

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L’hémoglobine glyquée est un examen qui mesure, sur deux à trois mois, le taux moyen de sucre dans le sang. Son dosage est réalisé quatre fois par an par un prélèvement sanguin. Il est exprimé en pourcentage. Pour un diabétique, il est important de connaître la correspondance de ce chiffre avec la glycémie moyenne. Le tableau ci-dessous donne quelques repères pour établir cette correspondance :

Valeur HbA1c Glycémie moyenne
6 % 1.2 g/l
7 % 1.5 g/l
8 % 1.8 g/l
9 % 2.10 g/l
10 % 2.40 g/l


Ainsi, une glycémie de 7% correspond à une glycémie moyenne de 1,5 g/L. Nous pouvons remarquer que 1% d’HbA1c en plus représente une augmentation moyenne de 0,3 g/L de la glycémie.

Véhiculé par le sang, le glucose, apporté par les aliments, rempli une mission capitale. Il apporte de l’énergie, indispensable au fonctionnement de notre organisme. Le glucose se fixe sur l’hémoglobine, c’est-à-dire, le pigment colorant du sang qui transporte l’oxygène dans les globules rouges et s’accumule progressivement dans celle-ci. Les globules rouges se renouvellent en permanence et vivent en moyenne 120 jours. C’est la raison pour laquelle on procède à cet examen environ tous les 3 mois.

Chez une personne non diabétique, le glucose se fixe en petite quantité. La valeur normale sans diabète se situe entre 4 et 6%. Chez une personne diabétique, plus la glycémie est élevée, plus la fixation du glucose est importante. En conséquence, le taux est plus élevé. Prenons l’exemple d’une personne diabétique avec une HbA1c un peu élevée, à 7,5%. Le glucose s’est fixé au fur et à mesure des jours et correspond à une fixation de glucose de 7,5%, donc à une glycémie moyenne de 1,70 g/L.

Le dosage de l’HbA1c est le moyen actuel le plus fiable pour déterminer si le diabète est bien équilibré et si les traitements sont adaptés et bien suivis. Suivant les résultats, le médecin réajuste le traitement avec son patient pour atteindre des objectifs glycémiques. Plus l’HbA1c est basse, plus le risque de développer des complications est moindre. Lorsqu’une personne diabétique améliore son HbA1c de 1%, elle diminue de 14% le risque d’infarctus, de 37% le risque de complications cardio-vasculaires, et de 43% le risque d’amputation.


2) L’Acidocétose : affectation grave dû à l’hyperglycémie


    Si l’hyperglycémie dure pendant plusieurs jours, le risque de développer une acidocétose apparaît. On peut le détecter par une glycémie élevée, le plus souvent autour de 3,6 g/L ou plus. C’est une affection grave qui peut se manifester pendant quelques heures ou plusieurs jours. Les personnes souffrant d’acidocétose doivent être admises de toute urgence à l’hôpital pour une administration d’insuline.

Lorsque le sang ne contient pas d’insuline, le glucose ne peut pas alimenter les cellules. L’organisme commence alors à puiser dans les réserves de graisse pour fournir une source d’énergie de substitution au glucose. La décomposition des réserves de graisse produit des dérivés acides appelés « corps cétoniques ». Les corps cétoniques peuvent être utilisés comme source d’énergie à la place du glucose. Cependant, comme le glucose, ces corps ont besoin d’insuline pour servir d’énergie aux cellules. S’il n’y a pas d’insuline dans le sang, la quantité de corps cétoniques et de glucose dans le sang va augmenter. Si les corps cétoniques et le glucose s’accumulent dans le sang, ils provoquent un déséquilibre de la composition chimique du sang, potentiellement nocive.

Ce déséquilibre se traduit par une sensation de soif car l’organisme essaiera d’évacuer les corps cétoniques et le glucose dans l’urine. Si la quantité de corps cétoniques dans le sang continue à augmenter, des sensations de nausées avec l’envie de vomir apparaîtront. Cela peut augmenter jusqu’à un risque de provoquer un coma fatal. On peut toutefois soigner l’acidocétose en rééquilibrant la glycémie.

3) Néphropathie diabétique : les complications rénales du diabète

    La néphropathie est une atteinte des petits vaisseaux par excès de sucre dans le sang. Les organes concernés sont les reins. On parle de "complication rénale du diabète" ou de "néphropathie diabétique". Au premier stade, l'atteinte se situe au niveau du filtre rénal.

Si le rein est atteint, il y a un risque de maladie rénale chronique avec, à terme, le besoin d'être dialysé, c’est-à-dire qu’il faut pratiquer une épuration artificielle du sang afin d’éliminer les déchets de l’organisme.

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Le rein forme l'urine en filtrant le sang. A cause du diabète, le filtre rénal s'encrasse de saleté. Il n'élimine plus certains déchets et laisse passer dans les urines des molécules qui ne le devraient pas, comme l’albumine, élément protéinique présent dans les produits laitiers et les œufs. Les déchets s'accumulant dans l'organisme, il s'ensuit une augmentation de la pression artérielle. Le développement de la maladie est indolore. Il faut donc repérer les premiers signes par l’évaluation de la fonction rénale pour éviter les formes les plus graves de cette complication. Cette analyse est réalisée en laboratoire et permet de vérifier l’absence d’infection urinaire.

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La présence d'une faible quantité d'albumine dans les urines est le premier signe d'une perméabilité anormale des reins. Sa recherche est essentielle et doit être réalisée au moins une fois par an. Si cette présence se répète, les contrôles se renforceront avec un test de la microalbuminurie (présence d’albumine dans l’urine) une ou plusieurs fois par an.

L'évolution diffère d'un individu à l'autre et un contrôle régulier permettra d'adapter le traitement. Les complications du rein sont moins fréquentes que celles des yeux, mais de nombreux diabétiques sont confrontés à cette grave complication.

Une microalbuminurie positive et répétée indique une anomalie de la fonction rénale. Ce n'est pas nécessairement un signe de gravité, mais c'est un indicateur de risque de développer une maladie rénale chronique ou des maladies cardiovasculaires graves (angine de poitrine, infarctus, accident vasculaire cérébral...). De nouveaux objectifs (tensionnels, glycémiques...) doivent être adaptés en fonction du profil de l’individu, en particulier pour la tension artérielle et pour le diabète. Le simple fait d'atteindre l'objectif de la pression artérielle et de l’Hb1Ac peut faire disparaître une microalbuminurie, surtout s'il s'agît d'un dépistage précoce.

4) Les complications cardiovasculaires du diabète

    Le diabète peut entraîner des complications cardiovasculaires (troubles cardiaques, vasculaires ou artériels) car il altère aussi les gros vaisseaux sanguins (artères du cou, des jambes, du cœur...). Les complications du cœur et des artères sont 2 à 3 fois plus fréquentes chez les diabétiques que dans le reste de la population.

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Ceci s’explique par le fait que des dépôts de graisse se forment sur les parois internes des artères et s'étendent. L'hypertension, associée à une alimentation trop riche en graisses, accélère ce dépôt. Avec le temps, ces plaques tendent à se durcir en devenant fibreuses et en se convertissant en sel de calcium.

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Elles peuvent alors se casser ou former des caillots (masses de substance coagulée, surtout du sang) qui finissent par boucher l'artère. La « thrombose coronaire », par exemple, est la formation d'un caillot dans les artères qui irriguent le cœur. Elle peut conduire à une crise cardiaque. Or, l'excès de sucre dans le sang favorise la formation de caillots.

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Les risques peuvent être graves. Si l'hypertension est permanente, le cœur, muscle qui pompe le sang et l'envoie dans les artères, travaille plus intensément. Il devient trop musclé et se fatigue. Par conséquent, avec une pression élevée, les artères subissent des contraintes mécaniques plus fortes et peuvent se rompre, entraînant par exemple un accident vasculaire au niveau du cerveau, c'est l'accident vasculaire cérébral, capable de provoquer une perte de connaissance, voire, un décès. 

Il faut donc effectuer des bilans lipidiques servant à indiquer la quantité de graisse dans le sang et à évaluer le risque de complications cardio-vasculaires.

Le risque cardiovasculaire est lié à une résistance à l’insuline. Ce syndrome s'accompagne d’une hypertension artérielle, de troubles lipidiques :

  • baisse du bon cholestérol, le HDL cholestérol, qui joue un rôle nettoyeur puisqu’il le transporte vers le foie pour être éliminé
  • augmentation du mauvais cholestérol, LDL cholestérol, qui encrasse les parois des artères
  • augmentation d’autres graisses dans le sang

Il existe aussi des phénomènes inflammatoires, probablement dus à la sécrétion par le tissu graisseux de ces messagers de l’inflammation. Tous ces facteurs sont des facteurs de risque de développer des complications cardiovasculaires. La sédentarité, le stress et surtout le tabac peuvent aussi participer à ces phénomènes.

On conseille et prescrit bien souvent les personnes diabétiques de plus de 40 ans de prendre de l’aspirine chaque jour, ce qui permettrait de prévenir la formation de caillots sanguins. Cependant, une prise régulière de ce médicament peut également faire augmenter les saignements et le risque d’accident vasculaire cérébral hémorragique.

5) La rétinopathie diabétique et les maladies des yeux

    La rétinopathie diabétique est une grave complication du diabète qui touche 50% des patients diabétiques de type 2. Les yeux sont particulièrement sensibles à l'atteinte des petits vaisseaux.

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A l'extrémité des artères se trouvent les capillaires, ces petits vaisseaux qui irriguent les parties du corps et les organes. Composée de cellules visuelles et parcourue par une multitude de petits vaisseaux, la rétine est cette fine membrane de l'œil qui réceptionne les impressions lumineuses venues de l'extérieur. Via le nerf optique, elle les transmet au cerveau qui les traduit en images. L'excès de sucre dans le sang fragilise la paroi des capillaires, entraînant une perte d'étanchéité. Il s'ensuit la rupture puis l'éclatement des vaisseaux rétiniens.

 

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Au fur et à mesure, des zones étendues de la rétine ne sont plus oxygénées. En réaction, la rétine produit de nouveaux vaisseaux encore plus fragiles. Le phénomène s'amplifie et s'étend jusqu'à la macula, zone au milieu de la rétine, où se situe le centre de la vision. La macula s'épaissit, et entraîne alors une baisse de l’acuité visuelle qui peut être très importante et que partiellement réversible.

Si certains troubles de la vue peuvent indiquer la présence d'une rétinopathie diabétique (lettres déformées à la lecture, difficultés à passer de la lumière à l'obscurité...), la maladie s'installe souvent sans donner de signes d'alerte. On peut donc être atteint de rétinopathie même avec une bonne vue et en l'absence de symptôme. D'où l'importance d'un contrôle régulier par un spécialiste et d'un dépistage précoce. Si nous laissons s'étendre la maladie, celle-ci finira par toucher le centre de l'œil et la rétine, créant de graves et irrémédiables troubles de la vision.

Si des traitements existent et sont efficaces pour freiner l'évolution de la maladie et empêcher la cécité, le meilleur traitement reste la prévention par un contrôle régulier (au moins une fois par an) chez un ophtalmologue, ainsi que l'atteinte de l'équilibre glycémique, une tension artérielle maîtrisée, ainsi qu'une bonne hygiène de vie.

Le principal contrôle est l’examen de fond d'œil, obtenu par dilatation de la pupille. Cet examen est effectué à l’aide d’un rétinographe et permet de dépister d’éventuelles atteintes de la rétine.


6) Complications des dents et des gencives


    Les complications dentaires du diabète, souvent sous-estimées, cachent un mal évolutif qui peut aller jusqu'à l'infection buccale généralisée et la perte des dents. Ces complications ont un lien étroit avec le diabète, car elles sont à la fois cause et effet d'un déséquilibre. Une fois installées, elles entretiennent le déséquilibre, créant ainsi une situation de cercle vicieux.

Des symptômes apparaissent. La salive est plus sucrée et la résistance aux infections microbiennes diminue, ce qui rend les personnes diabétiques plus vulnérables aux infections bucco-dentaires. Trois types de lésions sont les plus fréquentes chez les diabétiques :

        - La carie dentaire, destruction de l'émail de la dent par la plaque dentaire
        - La gingivite, inflammation de la gencive par dépôt de bactéries au niveau de la jonction de la dent et de la gencive. Elle se traduit le plus souvent par des rougeurs, des saignements au moment du brossage et un gonflement de la gencive
        - La parodontite, inflammation en profondeur des gencives et de l'os qui soutient la dent, entraînant la prolifération de microbes le long de la racine dentaire. Les dents bougent, se déchaussent et risquent de tomber.

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Ces complications évoluent vers des formes plus graves de complications. Elles ont un effet sur l'équilibre glycémique du diabète et augmentent le risque de maladie cardiovasculaire.

Les dents et les gencives du diabétique ont donc besoin d'une grande attention, même en l'absence de symptômes. Pour éviter l’apparition de complications, des soins bucco-dentaires sont indispensables : se brosser les dents après chaque repas, utiliser de préférence un dentifrice au fluor et du fil dentaire pour les zones inter-dentaires qui ne sont pas accessibles à la brosse.

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De plus, même en l’absence de symptômes, des bilans dentaires, au moins deux fois par an, sont nécessaire afin de dépister d’éventuelles lésions des dents et des gencives.


7) La neuropathie diabétique


    La neuropathie diabétique, atteinte des nerfs, est une pathologie ignorée du patient diabétique, car souvent silencieuse. C'est l'une des plus fréquentes complications chroniques du diabète capables d’entraîner d'autres complications.
 

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Ceci s’explique par le fait que l'hyperglycémie provoque dans l'organisme une série de modifications chimiques qui finissent par altérer les nerfs. L'altération peut aller de l'atteinte fonctionnelle (ralentissement de la conduction électrique) à l'atteinte structurelle du nerf. L'altération est alors de plus en plus difficilement réversible. Le diabète peut atteindre l'ensemble des nerfs de l'organisme. Il touche deux types de nerfs : les nerfs périphériques qui permettent de commander les muscles et de sentir au niveau cutané ; et les nerfs du système nerveux autonome qui commandent le fonctionnement des viscères (organes internes contenus dans le ventre, la tête, le thorax).

Les symptômes, qui varient en fonction des nerfs touchés et des patients, peuvent se traduire par des troubles, accompagnés ou non de douleurs diverses et parfois nocturnes au niveau :

        - des membres inférieurs (pieds, jambes,...)
        - de l'appareil digestif (diarrhée, constipation,...)
        - du système urinaire (mauvais contrôle de la vessie et de l’émission d’urines par évacuation de la vessie)
        - du rythme cardiaque et de la pression artérielle, avec des sensations de vertige au lever par chute de la tension artérielle
        - de l'activité sexuelle (trouble de l'érection, impuissance,...)

La disparition des réflexes peut également être un signe de neuropathie. Mais la présence et l'évolution de la maladie peuvent être silencieuses. Car la particularité de la neuropathie diabétique, c'est qu'elle perturbe considérablement la sensibilité à la douleur. Chez certains patients, elle provoque des douleurs terribles au contact d'un simple drap. Chez d'autres au contraire, elle peut rendre indolore une blessure au pied, ou imperceptible le sentiment de transpiration et l'accélération du rythme cardiaque (lors d'une hypoglycémie, par exemple).

Il faut donc signaler tout déficit sensitif, même si les symptômes semblent s'estomper avec le temps car les variations de la glycémie jouent sur le ressenti des douleurs.

L'équilibre glycémique prévient la neuropathie car celle-ci dépend fortement de l’équilibre de la glycémie. Lorsque la neuropathie est déjà installée, l’équilibre glycémique permet de la stabiliser, voire de la corriger. Il améliore également la conduction nerveuse et la sensibilité.

De plus, il est possible de vérifier la sensibilité et l’état des pieds par un examen des pieds, à la recherche d’une inflammation des artères ou d’une neuropathie diabétique.


8) Fourmillements et douleurs dans les mains


    Les affections des mains, empêchant la flexion des doigts et de la paume, sont souvent douloureuses et contraignantes : douleurs, fourmillements, doigts raides, … Le diabète peut être à l'origine de ces affections ou les aggraver.
 

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Pour certains diabétiques, l'hyperglycémie chronique n'est pas un facteur aggravant. C’est l'ancienneté du diabète qui favorise le développement de ces affections.

La chéiroarthropathie diabétique, par exemple, est un syndrome responsable d'une raideur dans les doigts. Il se caractérise par une limitation sans douleur de la flexion et surtout de l'extension des doigts. Il peut s'accompagner d'un épaississement de la peau. La maladie de Dupuytren, elle, peut provoquer à terme une flexion irréductible d'un ou plusieurs doigts. Elle est due à une reproduction anormale des fibres d'un tissu et à une rétractation de la structure fibreuse située à la paume de la main, entre les tendons fléchisseurs des doigts et la peau.

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Plus connu, le syndrome du canal carpien est une compression du nerf médian qui chemine du poignet à la paume de la main. La compression de ce nerf provoque des engourdissements, des fourmillements dans les doigts, voire des douleurs qui vont de la paume à l'avant bras. Les autres symptômes se manifestent par un manque de force dans le pouce et une gêne dans les gestes qui réclament de la précision.

 
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Si les traitements sont le plus souvent des infiltrations (envahissements de tissus par un liquide organique), de la rééducation ou une intervention chirurgicale, l'équilibre du diabète est  aussi à surveiller dans la majorité des cas. L'équilibre du diabète, la surveillance des premiers symptômes pour les prévenir et les réfréner sont indispensables pour ne pas laisser s'installer ces complications. 

9) Le pied diabétique et ses affections

    Les complications du diabète qui touchent les pieds sont étroitement liées à la baisse de sensibilité des nerfs de contact, empêchant la perception des petites blessures ou anomalies du pied, lesquelles finissent par s'amplifier et s'infecter avec un risque d'amputation.

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La neuropathie perturbe surtout gravement la statique et la dynamique du pied, responsable d’hyperkératose (corne aux points d’appuis) qui va ensuite provoquer des saignements en profondeur et qui laissera à la place des ulcérations de la peau : c’est le mal perforant plantaire. Il s’agit de la formation de lésions organiques de la peau accompagnées de la perte de substance qui a tendance à s’étendre et à produire du pus.

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Comme les yeux, les pieds sont alimentés par un réseau d'artères et de petits vaisseaux qui apporte aux muscles et aux tissus l'oxygène et les nutriments nécessaires à leur fonctionnement. Par conséquent, dans le cas d’une perturbation des artères au niveau des membres inférieurs, cela entraîne un déficit d'oxygène dans le sang nécessaire à la cicatrisation et va donc fortement aggraver le processus. Résultats, les plaies s’étendent et ne cicatrisent pas, l’amputation est alors le dernier recours.

L’origine d'une plaie infectée ou d'une gangrène (mortification des tissus par manque d'oxygène) peut être une petite blessure provoquée par : une chaussure (ampoule due au frottement d’une chaussure neuve), un ongle mal taillé ou "le mal perforant plantaire" que nous avons vu, véritable complication spécifique de la neuropathie.

Il est admis que 10% des diabétiques courent un risque d'amputation. Or, un grand nombre de ces amputations pourrait être évité par plus de prévention, un diagnostic précoce et des soins appropriés.

Il faut donc prendre de bonnes précautions. C’est-à-dire qu’il faut :

        - bien nettoyer ses pieds, ses orteils et ses ongles régulièrement
        - contrôler l'état de ses pieds visuellement et régulièrement
        - entamer un traitement adapté à la moindre blessure ou anomalie
        - en cas de pied infecté, il faut retrouver un diabète équilibré, éviter les facteurs de risque comme le tabac qui a des effets sur la circulation sanguine
        - bien choisir ses chaussures. Elles doivent être adaptées aux conditions de marche, à la forme des pieds et à leur état de santé.


10) Complications du diabète : des répercussions sur la sexualité


    Les complications du diabète peuvent affecter la sexualité : infections, mycoses (affections provoquées par des parasites), sécheresse vaginale, prostatite (affection inflammatoire de la prostate, glande de l’appareil génital masculin située sous la vessie), dysfonction érectile, baisse du désir sexuel... Ces troubles sexuels liés au diabète ne sont pas irrémédiables. Des moyens existent aussi pour s'en protéger.

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Certaines complications du diabète (l’atteinte des nerfs, des artères, …), les pathologies associées et leurs traitements, et d'autres pathologies hormonales (ovaires, testicules ou thyroïde qui sécrète plusieurs hormones intervenant dans la croissance et le métabolisme général) ont des répercussions directes sur la vie sexuelle.

Chez la femme diabétique, on trouve le plus souvent des problèmes d'infections par des champignons (parasites), appelées mycoses, et de sécheresse vaginale, rendant les rapports difficiles et douloureux. Et chez l'homme, on trouve le plus souvent de la prostatite, des infections, des mycoses... et surtout des troubles de l'érection et de l'éjaculation qui constituent les principales complications.

Sur les 10 à 15 % des hommes qui présentent une dysfonction érectile, 30 à 50 % sont diabétiques. De plus, le diabète peut entraîner des phases de dépréciation de soi pouvant aller jusqu'à la dépression comme un blocage psychologique ou une baisse du désir sexuel.

Les diabétiques peuvent vivre une sexualité normale à condition d'éviter les facteurs de risque et de faire preuve de prévention et d’attention. Il faut donc :

        - se protéger efficacement des maladies sexuellement transmissibles (risque d'infection)
        - réduire la consommation d'alcool
        - stopper la consommation de tabac
        - adapter le traitement des médicaments du diabète et des pathologies associées : hypertension, cholestérol,...
        - reprendre une alimentation équilibrée et une activité physique régulière
        - retrouver un équilibre glycémique (parfois le seul retour à un Hb1Ac inférieur à 7%, permet de résoudre un trouble de l'érection)

Il existe de nombreux traitements efficaces pour traiter les troubles sexuels. Par ailleurs, l'approche psychosexologique ne doit pas être négligée afin d’éviter la culpabilisation et la frustration.

Les mycoses provoquées par des champignons dépendent très fortement de l’équilibre du diabète. Les champignons adorent le sucre. La présence de sucre dans les urines explique donc cette infection. Car le fait que le sucre soit retrouvé dans les urines montre son excès dans le sang, ce qui favorise l’apparition des champignons. En cas d’infection, il faut donc absolument rééquilibrer le diabète pour la guérison.

La fréquence des contrôles varie selon les patients diabétiques. Dans certaines conditions, un examen à plus court terme peut être nécessaire (lors d'un nouveau traitement pour faire baisser le cholestérol, par exemple, le contrôle se fait seulement après quelques semaines). De plus, certains examens doivent être répétés de façon plus fréquente quand il existe déjà des complications et quand l’étude de leur évolutivité est nécessaire.

C) Médicaments diabète : les antidiabétiques oraux

    Le diabète de type 2 est traité dans un premier temps par des mesures hygiéno-diététiques, puis on a rapidement recours à des traitements antidiabétiques oraux ou injectables dont l’efficacité n’est optimale que s’ils sont associés à une alimentation équilibrée et à une activité physique régulière.

Les médicaments antidiabétiques sont tous pris par voie orale, sauf les incrétines qui sont injectables. Il s’agit d’hormones qui stimulent la sécrétion d’insuline et inhibe la libération de glucagon lorsque la glycémie est trop élevée.


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Il existe trois groupes de médicaments antidiabétiques :

        - Les médicaments de l’insulinorésistance : favorisent l’utilisation du glucose par les cellules cibles (le foie, les muscles et les tissus adipeux) et diminuent la production de glucose par le foie.

        - Les insulinosécréteurs : stimulent la sécrétion d’insuline du pancréas et inhibent la sécrétion de glucagon. De plus, ils ralentissent la vidange gastrique et entraînent une diminution de l’appétit et une perte de poids.

        - Les inhibiteurs des alphaglucosidases : ralentissent la transformation des glucides complexes  en glucose et leur passage dans le sang.

Le diabète de type 2 est une maladie évolutive. Après l’augmentation progressive des antidiabétiques, des injections d’insuline seront proposées aux patients lorsque la carence en insuline sera trop importante. Ce passage des médicaments à l’insuline s’appelle « l’escalade thérapeutique ». Elle est liée à l’évolution de la maladie dans le temps et pas forcément à une mauvaise adhésion au traitement, contrairement à ce que pense la plupart des diabétiques.

Le passage à l’insuline ne change pas le diabète de type 2 en diabète de type 1. Lorsqu’une personne diabétique de type 2 passe aux injections d’insuline, on dit qu’elle est insulinonécessitante : son organisme nécessite de l’insuline.

D) L’insuline : le traitement du diabète par l’insulinothérapie

    Il existe différentes sortes d'insuline en fonction de leur durée d'action, présentes sous forme de flacon, cartouche, stylo injectable ou seringue. L’insuline joue un rôle primordial dans la régulation du taux de glucose dans le sang. Elle a pour fonction principale d’empêcher l’état d’hyperglycémie.

Il existe 4 catégories d’insuline, qui diffèrent selon leur rapidité de passage dans la circulation sanguine et leur durée d’action :  

        - Insuline ultra-rapide : elle passe très rapidement dans la circulation sanguine, dès la cinquième minute après l’injection et sa durée d’action dure environ entre 2 et 3 heures.
        - Insuline d’action rapide : elle ne commence à passer dans le sang qu’après 30 minutes et son action se prolonge entre 6 à 8 heures environ. L’insuline rapide a pour but d’apporter le pic d’insuline nécessaire afin de contrôler la glycémie après le repas.
        - Insuline d’action intermédiaire : elle permet de maintenir le pic d’insuline nécessaire au moment des repas et en dehors des repas. Son action se prolonge pendant 10 à 18 heures.
        - Insuline d’action lente : son action dure environ 24 heures.

L’apport d’insuline se fait soit sous forme d’injections (avec une seringue ou un stylo), soit avec une pompe à insuline, appareil portable, destiné à administrer l’insuline en continu.

 

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Quel que soit le schéma d’insulinothérapie et le profil du patient, l’objectif demeure le même : maîtriser la glycémie tout au long du cycle biologique, soit 24h avec alternance d'un jour et d'une nuit.

E) La pompe à insuline

    Appelée traitement par pompe ou insulinothérapie par pompe, la pompe à insuline présente de nombreux avantages dans la liberté quotidienne des diabétiques. Qu'elle soit implantable, externe (injection sous cutanée), son fonctionnement est simple et automatique : elle fournit des doses régulières d'insuline en fonction des besoins. Il suffit d’ajustement le débit de base.

Ainsi, la pompe à insuline remplace les multiples injections d'un traitement conventionnel et favorise un meilleur équilibre glycémique.

Les pompes à insuline sont des appareils discrets, de petite taille, faciles à programmer. Elles sont facilement transportables, étanches et résistantes aux chocs. Elles peuvent se porter à la ceinture ou se ranger, par exemple, dans un sac.

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Dans son fonctionnement, une pompe à insuline reproduit ce que l’organisme fait naturellement : elle délivre de petites doses d’insuline tout au long de la journée et permet à l’utilisateur de délivrer des doses supplémentaires au moment des repas pour couvrir les glucides absorbés à cette occasion.

La pompe à insuline délivre automatiquement une dose d’insuline, appelée débit basal, toutes les trois à quatre minutes afin de maintenir les glycémies dans l’intervalle désiré entre les repas et pendant la nuit.

L’utilisateur de la pompe s’appuie sur un schéma basal personnalisé qui correspond à ses besoins réguliers en insuline. Les utilisateurs de pompe peuvent facilement ajuster la pompe en fonction de leurs activités et de leurs besoins, et peuvent programmer des doses d’insuline à délivrer pour chaque repas. Ces doses d’insuline sont appelés bolus.

Le cathéter, petit tube en plastique qui transporte l’insuline, est changé tous les 2 ou 3 jours après la désinfection de la zone d’injection car un bouchage du cathéter empêche l’insuline d’être distribuée. Les pompes sont cependant équipées d'une alarme en cas d’éventuelle anomalie ou de dysfonctionnement. Le remplissage du réservoir se fait en même temps que le changement du cathéter. Pour les patients dont la peau s’irrite sous l'effet de l’adhésif qui maintient en place l’aiguille du cathéter, il existe des patchs qui produisent une petite anesthésie locale.

Les zones d’implantation possibles du cathéter sont les mêmes que ceux des injections (cuisses, bras, abdomen), mais l’abdomen est préféré, car c’est à ce niveau que l’insuline est diffusée le plus rapidement. La déconnexion de la pompe est d’une heure maximum.

Par ailleurs, une partie des efforts se concentre sur la mise au point de systèmes délivrant l'insuline par inhalation. Idéalement, le produit inhalé passe par les poumons pour rejoindre la circulation sanguine. L'inhalation permettrait un meilleur équilibre de la glycémie tout en évitant les innombrables injections auxquelles les diabétiques sont exposés.


III - Prévention des complications du diabète


A) L’équilibre alimentaire : ou le régime antidiabétique


    Il existe des solutions pour prévenir les complications du diabète : des règles de vigilance et d'attention à soi qui permettent d'éviter leur apparition ou de freiner leur développement.

Les complications évoluent dans le temps, souvent silencieusement. Mais aucune n’est inéluctable. A l’avancée des complications, on peut opposer l’accumulation des petits gestes qui protègent. Une attention régulière est donc nécessaire. Il faut absolument manger selon ses besoins et à heure régulière, équilibrer ses menus avec des aliments variés, commencer la journée par un vrai petit déjeuner, équilibrer ses repas au cours de la journée sans en sauter un. Aucun aliment n’est nocif ni interdit. Il n’y a pas de régime spécifique pour le diabète. Le danger vient des excès, qu’ils soient excès de trop ou bien excès de pas assez. Il suffit de trouver son équilibre alimentaire, en fonction de son mode de vie, de sa dépense physique et de ses goûts.

La propriété des aliments à élever la glycémie s’appelle l’index glycémique. Il s’agit en fait de la vitesse de passage du sucre dans le sang. Mais il ne faut pas se polariser dessus pour chaque aliment particulier car il faut considérer l’ensemble du repas. Une alimentation équilibrée permet de maintenir stable l’index glycémique global.

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Les aliments, selon leur rapport nutritionnel, sont divisés en 7 grands groupes qui contiennent diversement des glucides, des lipides et des protéines. Aucun groupe n’apporte à lui seul tous les nutriments dont l’organisme à besoin.

        - les boissons
        - les fruits et légumes
        - les pains, céréales, féculents, légumes secs
        - les produits laitiers
        - les viandes, poissons et œufs
        - les matières grasses
        - les produits sucrés

 

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Il faut s’efforcer à chaque déjeuner et dîner de manger un aliment de chaque groupe. Et pour garantir l’équilibre, il faut limiter les quantités de graisse et limiter la consommation de produits sucrés. L’alimentation est donc un moyen d’équilibrer sa glycémie, au même titre que les médicaments et l’activité physique.


B) L'activité physique contre les complications


    La pratique d’une activité physique quotidienne permet de maintenir le diabète de type 2 à prudente distance. Elle permet d’améliorer les performances de l’insuline, de faire travailler l’appareil cardiovasculaire, de réduire la tension artérielle et le taux de lipides. 30 minutes de marche rapide par jour procurent un bon équilibre entre dépenses énergétiques et apports caloriques.

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Pendant un exercice physique, pour répondre à la demande en énergie et en oxygène des muscles, le cœur active sa pompe et envoie le sang dans les artères et les vaisseaux. L'augmentation du débit sanguin dilate les vaisseaux, entraînant une oxygénation du corps et des organes. Si elle est régulière, cette opération contribue à maintenir l'élasticité des artères, elle permet donc une bonne irrigation des organes.

En pratiquant une activité physique régulière, on maintient le muscle du cœur et l'organisme tout entier dans un entraînement régulier. Entraîné, le cœur est plus efficace, bat plus lentement, se fatigue moins et s'adapte mieux aux demandes de l'organisme.

De plus, lors d'un exercice physique, une quantité importante de sucre est brûlée par le muscle, l'action de l'insuline s'en trouve améliorée.

Les effets de l’activité physique persistent pendant 24 à 48 heures puis disparaissent. C’est pour cela qu’il faut en faire régulièrement. Cependant, l’activité physique peut entraîner de l’hypoglycémie due à la prise de médicaments antidiabétiques. Il faut donc pratiquer des glycémies régulières pour savoir comment réagit le corps et diminuer le traitement selon l’intensité de l’hypoglycémie, ainsi que la durée et le moment de l’activité physique. De plus, une hypoglycémie peut aussi apparaître plusieurs heures après l’effort. Cela est dû au fait que l’organisme consomme ses réserves dans les muscles et le foie pendant l’activité physique, ainsi que le glucose qui circule dans le sang. L’organisme va pomper le glucose pour reconstituer ses réserves après l’effort. La glycémie idéale pour commencer un effort physique se situe entre 1,3 g/L et 2,5 g/L.


C) Éviter les facteurs de risque


    Un autre moyen de lutter contre les complications du diabète est d'éviter les facteurs de risque qui favorisent l'apparition et le développement d'une pathologie. Dans le cas des complications du diabète, le tabac, l'excès d'alcool et de cholestérol sont très déconseillés.

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Pour les diabétiques, le tabac constitue un facteur de risque important de complications. Rien que sur le plan cardiovasculaire, le tabac favorise la formation de masses de sang dans les vaisseaux sanguins et de spasme (contraction musculaire violente, passagère et involontaire). Il fait diminuer le bon cholestérol qui transporte les lipides vers le foie pour être éliminé et agit sur l'équilibre glycémique.

 Un diabétique fumeur a deux fois plus de risques de faire un accident vasculaire cérébral ou une crise cardiaque qu'un diabétique non fumeur, trois fois plus de risques d'être atteint des reins et d'artérite aux jambes qu'un diabétique non fumeur.

Chez le diabétique, l’excès d’alcool expose aux complications, aux hyperglycémies et aux hypoglycémies sévères surtout pendant le sommeil, le patient pouvant ne pas se réveiller. Car le sommeil est une période au cours de laquelle la production de glucose est normalement freinée.

Quant au cholestérol, il s’agit d’une graisse naturelle indispensable à l'organisme. Un tiers est présent dans l'alimentation, les deux autres tiers sont fabriqués par le foie, à partir des graisses que nous consommons. Il existe deux catégories : le bon cholestérol et le mauvais. Les bonnes et les mauvaises graisses ont une influence sur le bon et le mauvais cholestérol, et donc sur le diabète et les maladies cardiovasculaires (trois diabétiques sur cinq meurent de maladies cardiovasculaires). Il faut donc limiter les graisses d’origine animale, éviter de grignoter entre les repas, manger équilibré.

Malgré la recherche médicale qui avance tous les jours, le diabète reste une maladie qui se soigne très bien mais qui ne guérie pas. Il faut donc toute sa vie se surveiller, garder de bonnes habitudes alimentaires et une activité physique. Prendre régulièrement ses médicaments. Un diabétique peut donc être un malade en bonne santé.
 

IV – Risque diabète : test, dépistage… comment prévenir le diabète ?

    Malgré les avancées constantes de la recherche, il est impossible de prévoir la survenue du diabète. En revanche, le dépistage précoce de la maladie, l'analyse des facteurs de risques et la prévention peuvent empêcher ou retarder l'apparition du diabète.

Souvent méconnu car silencieux, le diabète de type 2 est découvert tardivement. Cependant, il est possible de prévenir, ou du moins retarder, son apparition en adoptant de bonnes habitudes alimentaires, en perdant du poids et en faisant régulièrement de l’exercice physique.

On peut être diabétique et ne pas le savoir. Certaines caractéristiques cependant peuvent être des facteurs de risque et des indicateurs.

Le diabète de type 2 est une maladie de l'âge adulte et de la vieillesse. Mais la progression des situations de surpoids et d'obésité chez les jeunes favorise l'apparition précoce de la maladie.

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Des facteurs génétiques interviennent dans l’apparition du diabète de type 2. Le facteur familial est déterminant. La recherche de gènes de prédisposition (gènes pour lesquels certains allèles augmentent la probabilité d’avoir un certain phénotype) et les études familiales devraient aboutir à identifier des gènes dits diabétogènes, directement impliqués dans l’apparition de la maladie. Le risque de survenue d’un diabète du type 2 est d’environ 30% lorsque l’un des deux parents est diabétiques et d’environ 50% lorsque les deux parents sont diabétiques. De plus, des causes génétiques et des habitudes culturelles et alimentaires fragilisent certaines communautés et groupes ethniques vis à vis du diabète.

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Des facteurs environnementaux interviennent également. Un changement radical de mode de vie et de régime alimentaire, une alimentation en excès, une absence d’activité physique, responsable du surpoids, sont des facteurs de risque du diabète de type 2 puisqu’ils font augmenter les besoins en insuline et ont tendance à épuiser le pancréas. L’association avec l’obésité est fréquente : un tiers des obèses sont diabétiques, mais surtout 80% des diabétiques sont obèses. L’obésité est caractérisée par un indice de masse corporelle (rapport entre la masse et ma taille) supérieur ou égal 25 kg/m².

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La chirurgie batriatique pourrait s’ouvrir aux personnes diabétiques car elle diminue l’impact de leur maladie. Il s’agit d’une chirurgie qui consiste à restreindre l'absorption des aliments, diminuant, de fait, l'apport calorique journalier afin de lutter contre l'obésité. Il s'agit d'une technique lourde, réservée en cas d'obésité majeure, dite « morbide », caractérisée par un indice de masse corporelle supérieur à 40 kg/m², avec échec des différentes tentatives de régime amaigrissant.


V – Le diabète gestationnel ou diabète de grossesse


    Le diabète gestationnel, appelé aussi diabète de grossesse, survient chez la femme enceinte vers la fin du 2ème trimestre. Il peut durer le temps de la grossesse ou être révélateur d'un diabète antérieur. Comme pour le diabète, le diabète gestationnel est un trouble de la régulation de la glycémie entraînant une hyperglycémie chronique.

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Il y a un risque accru de diabète pendant la grossesse car la grossesse est par nature diabétogène. En effet, il existe physiologiquement pendant cette période un état d’insulinorésistance qui va s’aggraver progressivement avec le déroulement de la grossesse. Dans tous les cas, le diabète gestationnel doit être surveillé et traité car il comporte un risque pour la mère comme pour l’enfant. Il se traduit par un trouble de la tolérance en glucide conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.

Le diabète gestationnel peut passer inaperçu, sans symptômes, ou présenter des symptômes similaires au diabète non gestationnel : soif intense, urines abondantes, fatigue importante...

Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus en surplus. Cette réserve calorique est stockée dans les organes de l’enfant, entraînant un excès de poids et de croissance. C’est pourquoi la complication la plus fréquente est la macrosomie : un accroissement exagéré du corps qui à pour résultat un poids à la naissance trop important (supérieur à 4kg) et qui peut entraîner un accouchement difficile ou compliqué. D’autres complications pour l’enfant sont possibles comme :

        - une détresse respiratoire
        - une hyperglycémie néonatale
        - un risque de développer un diabète de type 2

Pour les mères, la complication la plus grave est la survenue d'une prééclampsie. Il s’agit  une maladie pouvant associer :

        - une prise de poids
        - des œdèmes, infiltrations de liquide constitué de substances nutritives et de globules blancs dans le tissu des parties organiques
        - une hypertension artérielle
        - un accouchement par césarienne
        - un risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse
        - accouchement prématuré
        - des complications rénales

Il existe évidemment des facteurs de risque du diabète gestationnel :

        - surpoids, obésité
        - femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux atteints de diabète de type 2
        - femmes âgées de plus de 35 ans
        - macrosomie à la naissance d'un enfant précédent

Pour les femmes qui présentent un de ces facteurs de risque, un premier test de glycémie à jeun au premier trimestre est recommandé pour détecter un diabète de type 2 antérieur à la grossesse et passé inaperçu jusqu’ici. Puis, on réalise un second test : l’hyperglycémie provoquée par voie orale durant entre l’absence des règles.

Une glycémie supérieure à 0,92 g/L à jeun ou 1,80 g/L une heure après la charge orale en glucose, cela suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel.

En France, le diabète gestationnel a tendance à augmenter et touche entre 2 et 6% des femmes enceintes. Dans la majorité des cas, le diabète gestationnel disparaît après la grossesse mais il peut aussi installer un diabète de type 2 quelques années plus tard.

Les traitements du diabète gestationnel sont les mêmes que pour le diabète non gestationnel : l’autosurveillance glycémique, des mesure hygiéno-diététiques. L’objectif est de garder une glycémie inférieure ou égale à 0,92 g/L à jeun. Les résultats de l’autosurveillance glycémique déterminent la prescription  d’un traitement par insuline.

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